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Association de capoeira PALMARES de Paris.

Mots de capoeira

Lexique, dictionnaire, comme vous voulez; quelques explications sur des termes de capoeira.

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par Pol Briand
REVISION LE 27 janvier 2007

Index
Abadá
Armada
Atabaque
Bênção
Berimbau
Berra-boi
Cabeçada
Cabeceiro
Capoeira
Caxixí
Chibata
Chula
Cobra
Coqueirinho
Corrido
Esquiva
Fundamentos
Ginga
Golpe
Guarda
Gunga
Ladainha
Mandinga
Meia-Lua
Mestre
Negaça
Negativa
Pandeiro
Passagem
Preceito
Quadra
Queixada
Rabo-de-arraia
Rasteira
Resistência
Roda
Rolê
São Bento
Tarrafa
Toque
Vadear
Vadiação
Viola

Abadá -- Mot d'origine arabe signifiant vêtement blanc (pour la prière) [Cascudo 1954]. Autrefois les capoeiristes jouaient en vêtements de tous les jours: vêtements de travail les jours de travail, habit du dimanche les jours de repos. A partir du début du 20º siècle, le vêtement élégant était blanc au Brésil. Les capoeiristes se faisaient une gloire de jouer en blanc, le dimanche, et de ne pas se salir. Dans les années 1950, mestre Pastinha a introduit l'uniforme dans les académies de capoeira. Cinq ans plus tard, il se faisait photographier dans une tenue rappelant les abadás des musulmans (de Bahia). Vers 1970, des organisateurs ont décidé que la capoeira, modalité sportive rattachée à la Confédération de Pugilisme, utiliserait une tenue blanche, comme les arts martiaux orientaux, qui avaient à cette époque conquis l'essentiel du commerce des leçons d'arts martiaux, tandis que la capoeira restait une affaire de Nègres, de pauvres et de voyous. A cause de la couleur, et bien que la forme n'ait aucun rapport, cet uniforme obligatoire s'est appelé abadá. Quelques années plus tard, le mot avait pris. Mais le peu de succès des compétitions officielles et des fédérations, la volonté de chaque groupe de se distinguer, l'adoption par certains d'une tenue jaune et noire en souvenir de Pastinha et le goût général pour les couleurs ont ébranlé la domination du blanc dans la capoeira, tandis que l'adoption par Camisa de l'acronyme ABADA pour son groupe a fait abandonner le mot abadá pour celui, moins exotique mais plus précis, d'uniforme. index

Agogô -- Double cloche de fer. La cloche de fer simple s'appelle le ; selon l'endroit où on la frappe, elle a aussi deux sons. Il existe un répertoire considérable de toques d'agôgô ou de , car (1) l'un ou l'autre de ces instrument dirige l'orchestre des cultes afro-brésiliens et (2) l'agôgô joué avec une baguette de fer s'entend même au dessus d'un orchestre de tambours, dans la musique de rue. Dans la capoeira, on utilise une baguette de bois, afin de réduire un peu la puissance. C'est un instrument secondaire, qui peut jouer sans inconvénient toute une gamme de toques, et dont la sonorité unique fait qu'il peut jouer la partie de n'importe quel instrument (le plus souvent, le pandeiro) sans se fondre dans la masse. index

Armada. -- nom: armée navale, flotte de guerre; adjectif: armée. Voir Chibata. index

Atabaque -- long tambour cônique, le nom d'origine arabe date du temps de l'Espagne arabo-musulmane. C'est un instrument important dans le rituel des religions afro-brésiliennes où le culte se pratique au son de trois de ces tambours, de tonalité grave, moyenne et aigüe. C'est sans doute pour cette raison que, bien que la musique de capoeira soit basée sur des duos d'instruments qui se répondent, les orchestres de capoeira, depuis qu'on les observe, ont souvent trois berimbaus, un grave, un moyen et un aigu. L'atabaque a été introduit par Pastinha dans la capoeira dans les années 1960, contre l'opinion de beaucoup de maîtres de toutes tendances à l'époque et aujourd'hui. index

-- Mouvement de déplacement, d'esquive et d'attaque sur les mains. Du français, "la roue". En Portugais, et encore au Brésil au début du 20° siècle, on disait virar pantana. En 1910, des accords franco-brésiliens ont amené au Brésil des instructeurs militaires et des éducateurs, dont des gymnastes, ce qui explique sans doute l'adoption et l'adapation de ce mot français. D'ailleurs, c'est beaucoup plus vite dit que virar pantana. L'origine française est d'autant plus sûre qu'il n'y a aucun autre candidat sérieux, et que l'accent tonique tombe, non pas sur l'avant dernière voyelle comme dans la plupart des mots portugais, mais sur la dernière, comme en français. Pour rolê, c'est le même cas. index

Bênção -- Bénédiction. Les capoeiristes font le geste bénisseur avec le pied bien à plat sur la poitrine de l'adversaire. index

Berimbau -- arc musical de la capoeira. Autrefois, dans le sud du Brésil, l'arc musical, qui servait d'accompagnement au chant, s'appelait urucongo (voir gunga), et le piano à pouces (sanza), marimba. Dans le nord du pays, marimba désignait aussi l'arc musical de percussion, et peut-être tout instrument africain à notes (comme le balafon). Berimbau désignait comme au Portugal la guimbarde. La sanza a disparu, la guimbarde est rare, on peut supposer que berimbau a remplacé marimba, les deux mots sont assez proches, et le peuple aime les jeux de mots et les diminutifs affectueux. En 1938, la Mission folklorique de Mario de Andrada a encore rencontré un vieillard marimbeiro qui chantait en s'accompagnant du berimbau au Maranhão, dans le Nord du Brésil. C'était assez rare pour qu'ils l'enregistrent et ramènent l'instrument au Musée à São Paulo, à 3000 km de là. Aujourd'hui, on ne connaît de berimbau que dans la capoeira, et l'arc musical est devenu le symbole de la lutte dansée, et aussi un des emblèmes de Bahia. index

Berra-boi -- beugle-boeuf. Berimbau à la voix grave. V. gunga. index

Cabeçada -- En Portugais on peut former hardiment un nom de coup à partir d'un objet frappant suivi du suffixe -ada. Ainsi cabeça, tête, donne cabeçada, coup de tête; perna, jambe donne pernada, coup de jambe, et de là un jeu apparenté à l'ancien jeu de batuque, où l'un, "planté", fait ce qu'il peut pour rester debout tandis que l'autre essaye de le déséquilibrer. De même, joelho, le genou, donne joelhada, cotovelo, le coude, donne cotovelada. Les coups portés avec le poing ont cependant des noms particuliers, murro et soco. Il faut dire aussi que si le coup queixada de la capoeira vient indiscutablement de queixo, le menton, personne n'a pu m'indiquer avec sécurité par quel chemin. Enfin porrada, coup de poing ou de bâton, visiblement construit sur le même modèle, est bien curieux puisque construit sur porra, massue, dont le diminutif porrete, gourdin, est seul utilisé dans ce sens. Porra, depuis fort longtemps, a désigné par analogie le pénis, et par métonymie, la semence masculine, ou en bon français, le foutre. Ces associations font de porrada une indication vigoureuse de brutalité malpolie. Le coup de tête cabeçada porte toute l'ambiguité de la capoeira. C'est un des coups dont on dit qu'il peut être des plus redoutables et même mortel, et en même temps c'est un des symboles du jeu subtil. index

Cabeceiro -- se dit d'un capoeiriste expert en cabeçada (coup de tête). La tête ayant des significations symboliques et rituelles dans le culte afro-brésilien, il se peut que ce mot ait d'autre connotations. index

Capoeira -- (1) cage ou panier à poules (1a) et divers sens dérivés de celui-ci par analogie; (2) mot d'origine tupique (indiens du Brésil) qui signifie bois renaissant, après l'abandon d'une culture; (3) Jeu athlétique des Nègres du Brésil (3a) Individu turbulent et perturbateur (au 19° siècle). Les savants auteurs de dictionnaires se sont beaucoup préoccupé de faire dériver les sens (3) de l'un ou l'autre des deux premiers, sans vraiment convaincre. À la fin des années 1970, des ethnologues connaissant l'Afrique ont émis plusieurs hypothèses sur une origine africaine, partant de mots désignant les battements de mains ou d'autres; mais les milieux scientifiques n'accordaient plus tant de valeur à l'étymologie, et les nouvelles explications ne renforçaient pas la mythologie du jeu courante parmi les capoeiristes, qui voulaient relier leur activité aux Nègres ouvertement dissidents, comme les esclaves en fuite regroupés dans les quilombos, et à des luttes plus qu'à des danses. Le jeu de capoeira s'est aussi appelé jogo de mandinga, jogo de São Bento, cungu, vadiação. Trop de termes désignent les bagarres ou désordres causés pour le plaisir par les capoeiras; citons seulement les très courants rôlo, auê, baderna, confusão. index

Caxixí -- parfois caxixê. Le hochet de la capoeira. Les folkloristes écrivent qu'autrefois on disait mucaxixi (ce qui ressemble à un préfixe bantou devant une onomatopée). Presque toujours dans la main des joueurs de berimbau, on entend le caxixi indépendant et le berimbau sans caxixi dans de vieux disques de capoeira. Quand le musicien est seul, et que personne n'est là pour répondre à l'appel du toque Angola, il le fait lui-même en donnant un coup de caxixi. S'il y a un pandeiro ou un deuxième berimbau, le coup de caxixi devient superflu et de mauvais goût, c'est comme si on faisait remarquer au camarade, à tort, qu'il ne répond pas. index

Chibata -- Cravache, fouet court à un seul brin. Dans la capoeira, désigne différents coups de pied, selon les groupes, régions et académies. Pour certains, c'est un coup donné vers l'extérieur du corps avec le côté du pied à la hauteur du visage; quand le coup est précédé d'une esquive où le capoeiriste tourne les talons et feint de s'enfuir, avant de terminer son tour et frapper avec une chibata, ils l'appellent chibata armada (armée par la feinte qui l'a précédée; le diminutif de armada, armadilha, signifie "piège"), souvent simplifié en armada. Ceux qui ont oublié pourquoi ce coup s'appelle armada disent armada de frente (- de devant), pour le coup que nous avons décrit sous le nom de chibata, qu'ils appellent aussi queixada (pour les mots en -ada voir Cabeçada) et armada de costas, pour celui nous venons de décrire sous le nom de chibata armada. Pour d'autres, la chibata est une frappe avec le devant du pied, qui se poursuit au delà de la direction de l'adversaire (s'il esquive); on appelle aussi ce coup martelo voador (marteau volant), ou martelo giratório (marteau giratoire) si on aime les mots de quatre syllabes. Souvent les capoeiristes s'intéressent à la marine: les châtiments corporels étaient encore en vigueur dans la marine brésilienne en 1910, et la torture d'un marin avec une chibata armée de petits clous a provoqué la mutinerie appelée Revolta da Chibata. Les mutins avaient les canons de marine des unités les plus puissantes de la flotte, il n'est pas question de capoeira dans cette révolte. index

Chula -- Le mot portugais chulo signifie à-peu-près "grossier". Une chula est un chant populaire, de contenu éventuellement irrespectueux ou indécent. Il n'a pas en général ce caractère dans le samba de viola, où la chula se chante à deux voix; on danse, une personne à la fois, seulement quand elle est terminée. Dans la capoeira, chula devrait logiquement désigner le chant qui précède le jeu; mais le samba de viola a presque disparu, et les capoeristes utilisent chula pour tous les chants de capoeira, à l'exception de ceux qui répètent sans cesse les mêmes paroles (corridos). Voir aussi Ladainha, Quadra. index

Cobra -- fr. "serpent" (nom féminin commun à tous les serpents, venimeux ou non). Les plus dangereux sont appelés cascavel (serpent à sonnette), cobra verde et cobra coral (serpent vert et serpent corail). Le capoeiriste est souvent comparé à un serpent. Remarquez que cabra (comme la chèvre, mais au masculin) désigne un "type", spécialement un métis, dans le Nord-Est du Brésil; il n'y a qu'une voyelle et le genre à changer pour passer à cobra. Voir aussi São Bento, Mandinga. index

Coqueirinho -- diminutif de coqueiro, cocotier. Esquive accroupie. Jeu de mots entre coqueiro et de cócoras, accroupi. Les bras qui protègent le sommet de la tête figurent les palmes du cocotier. On voit parfois écrit cocorinha, sans le jeu de mots. index

Corrido -- fr. "couru". Dans le samba corrido le chanteur principal chante un vers ou deux, et le chœur répond par un chant aussi bref, qui accompagne la danse (voir chula). Dans la capoeira, c'est la même chose. index

Esquiva -- esquive. Ce terme n'est pas particulier à la capoeira. Esquiver n'est pas s'enfuir, ni bloquer, c'est laisser passer l'attaque, sans s'éloigner, ouvrant toute les possibilités de contre-attaque. Dans la capoeira plus que dans tout autre lutte, l'esquive est fondamentale. On peut interprêter la ginga comme une suite d'esquives et de feintes negaças. index

Fundamentos -- Fondements, fondations. En capoeira comme en philosophie, désigne les concepts assez assurés pour qu'on construise dessus. Les maçons construisent des maisons, les philosophes construisent des systèmes, et les capoeiristes construisent du jeu; ensuite de quoi, il est bien difficile de voir ce qu'il y a en dessous, de là de grandes discussions. Dans la capoeira, la connaissance des fundamentos, quoi qu'ils puissent être, est le résultat de l'expérience, surtout des défaites et des risques pris à tort (ce qui ne tue pas rend fort), à l'exclusion de tout autre façon d'apprendre. La sagesse s'acquiert de la même façon, mais c'est une vertu plus générale, alors que la connaissance des fundamentos de la capoeira ne s'applique que là. On connaît tel maître qui a une vision particulièrement fiable des fundamentos de la capoeira, et qui manifeste, dans d'autres domaines de la vie, un notable manque de sagesse. index

Ginga -- godille. Le balancement du corps du capoeiriste, se tordant à droite et à gauche, est assez semblable à celui du marin qui fait avancer une embarcation avec une seule rame en poupe, d'où sans doute le nom. Il y a aussi une étymologie bantoue. La capoeira de Bahia existait principalement sur le port, où les gens jouaient en attendant d'avoir un emploi. Autrefois, à Rio de Janeiro, on comparait avec le mouvement, d'ailleurs plus rapide, d'une personne qui secoue un tamis: on disait peneirar. Explication complémentaire: le capoeira du Brésil, comme le voyou en France, se repérait à son air dégingandé, à son balancement en marchant. index

Golpe -- coup. A capoeira não tem golpes - La capoeira n'a pas de coups - profonde remarque de mestre Pastinha, qui rappelle aussi que la capoeira est une lutte, et une lutte violente, en cas de besoin. index

Guarda -- garde. Ce terme n'est pas particulier à la capoeira. Être en garde, être sur ses gardes, c'est d'abord regarder, observer l'adversaire sans relâche. Cependant, des positions conventionnelles aident à apprendre à esquiver et, si nécessaire, à parer les attaques. On distingue la guarda alta, garde haute, pratiquement debout, la guarda média, garde moyenne, avec le tronc incliné presque à l'horizontale, et la guarda baixa, avec une main au sol. index

Gunga -- l'arc musical de la capoeira, on dit plus souvent berimbau. Désigne souvent un instrument de son grave, mais les traditionalistes insistent, avec d'excellents arguments, mais contre l'usage presque général, pour que gunga désigne tout berimbau. Gunga est un nom évidemment africain ou dérivé d'un nom africain (urucongo); le cas de berimbau est moins clair. Il y a donc un enjeu identitaire dans ces appellations. Le duo gunga-viola, au sens d'un instrument grave et d'un aigu, est au coeur de nos musiques de capoeira préférées. index

Ladainha -- litanie. Le chant ou la récitation des litanies aux dates prescrites par l'Église catholique est l'occasion, au Brésil, de réunions en soirée. Les litanies des saints sont longues et monotones. Dans la capoeira, lorsque le preceito (précepte) du début d'un jeu (autrefois) ou de la ronde (actuellement) dure longtemps, il prend le surnom de ladainha. Par ailleurs, les litanies sont des prières à réponse, comme le canto de entrada (chant d'entrée) de la capoeira, autre expression qui indique la même chose. index

Mandinga -- magie, sorcellerie. Jogo de mandinga : synonyme de jogo de capoeira [Barreto 1907]. Il y a sûrement un rapport avec la nation Mandingue, en Afrique de l'Ouest. Au Brésil, les mandingueiros sont décrits au début du 19° siècle comme des charmeurs de serpents, guérisseurs ou empoisonneurs, ayant une certaine influence sur les Nègres. Dans la capoeira, mandingueiro désigne, par analogie, un joueur habile et rusé qui parvient à ses fins sans qu'on saisisse par quel moyen, voir Rasteira. index

Meia-Lua -- Demi-lune. Coup de pied circulaire donné avec le talon, la jambe tendue, sans autre précision en tournant avec une main ou deux au sol; --- solta (libre), sans main au sol; --- de compasso (de compas) avec le pied tournant près du sol; --- de frente, (de devant), coup donné sans tourner avec le côté intérieur du pied dans un mouvement en demi-cercle vers l'intérieur du corps. De nombreux groupes utilisent des noms différents pour ces coups, et notamment le confondent avec rabo-de-arraia, bien qu'à notre avis, ce nom indique que la jambe est pliée. index

Mestre -- Maître. Au Brésil, quand on est avocat, on est Doutor. Quand on est maître d'école, on est professor. Ces appellations sont réglementées par des lois. Quand on est reconnu, comme maître d'embarcation ou dans n'importe quelle profession artisanale, on peut se voir manifester du respect par l'appellation mestre. Je ne sais pas quand l'idée de mestre de capoeira a germé. Le folkloriste Renato Almeida (1941) explique que le mestre, qui apparaît dans les paroles des chansons de l'époque est un capoeiriste déja retiré [du jeu] et qui est l'entraîneur du groupe. Cependant, à la même époque (1936), mestre Bimba, déja désigné ainsi dans la presse, joue dans la ronde et affronte les autres capoeiristes sur le ring. Il y a peut-être eu plus tard imitation des arts martiaux orientaux (voir Abada). Puis est venu le temps de l'inflation: le nombre des maîtres a terriblement augmenté, et la valeur distinctive du titre a donc diminué. En réaction, les groupes et fédérations ont créé des hiérarchies qui rappellent de plus en plus celles de la Russie des tsars. Quoi qu'il en soit, on ne saurait trop conseiller de respecter ses professeurs et maîtres: ils ou elles savent quelque chose que vous ne savez pas, et qu'apparemment vous souhaitez apprendre. index

Negaça -- Mouvement trompeur, feinte. index

Negativa -- Famille de mouvements d'esquive proche du sol, avec une jambe repliée et l'autre plus tendue; --- sans autre précision, face à l'adversaire. --- do chão (du sol), avec appui sur les deux bras, très près du sol; --- aberta (ouverte), de côté, à mi hauteur; --- do fundo (du fond), en descendant sur la jambe arrière. Pour certains, par extension, les positions qui rappellent celle d'arrivée de cette esquive. index

Pandeiro -- tambour basque, avec ou sans cymbalettes. Le tambourin (portugais tamborim) est plus petit, a un son sec, et n'a jamais de cymbalettes. Le duo berimbau-pandeiro constitue l'unité de base de la musique de capoeira, et s'il n'y a que deux instruments pour animer le jeu, ce sont en général ces deux-là. Souvent les capoeiristes diminuent le nombre des cymbalettes en en immobilisant certaines avec du ruban adhésif. index

Passagem -- forme de défi où le capoeiriste provoque son adversaire à marcher tranquillement dans la ronde, comme s'il n'y avait pas de lutte. Si l'un ou l'autre remarque un défaut dans la garde, il peut légitimement en profiter. index

Preceito -- précepte. La religion populaire connaît un grand nombre d'obligations, par exemple s'abstenir de viande le vendredi, se signer devant une église, etc. pour les catholiques. On appelle ces obligations preceitos, ce qui les distingue des obrigações, obligations très lourdes des prêtresses des cultes afro-brésiliens. Parmi les préceptes, celui de dire une prière avant une action importante, le repas, par exemple : le chant d'entrée du jeu de capoeira est de cet ordre, bien qu'il s'adresse autant aux anciens qu'à Dieu ou aux divinités. Autrefois, on chantait le preceito avant chaque jeu. Le preceito commence par chant soliste, autrefois court, pas plus de deux quadras, suivi d'une suite d'appels répétés par le choeur, qui souvent saluent les maîtres (après Dieu). Nous vivons une époque de peu de religion et de beaucoup de rendement, et les jeux de capoeira ne sont pas tous extrêmement sérieux: la plupart du temps, on ne chante plus le preceito qu'une fois au début de la ronde. En contrepartie il devient parfois très long (V. Ladainha). Il ne faut pas non plus prendre ce catéchisme au pied de la lettre. En 1940, le linguiste Noir américain (mulâtre, d'un point de vue brésilien) Lorenzo Dow Turner enregistra des chants de capoeira. Sur l'un des disques, on entend l'annonce suivante "Mestre Bimba va maintenant nous interpréter l'hommage que les capoeiras rendent à leurs ancêtres", après quoi, le maître chante (sur la même musique) une chula typique, c'est à dire avec une allusion sexuelle. Probablement, comme il n'y avait pas de jeu ensuite, la prière aurait été déplacée. index

Quadra -- Quadrain. Dans le Nord-Est du Brésil, beaucoup de gens apprécient que des poètes populaires disent en vers des histoires tiées du folklore, de romans et des nouvelles prises dans les journaux; des repentistas rivalisent dans des défis sur les places publiques. On imprime ces vers, le plus souvent de sept syllabes sonores, en livrets présentés aux acheteurs suspendus à des cordes, d'où leur nom de literatura de cordel. Les vers sont groupés par quatre (quadras), avec des rimes A.B.C.B, ou par six (sextilhas) avec des rimes A.B.C.B.D.B, parfois par sept (septilhas) de rimes A.B.C.B.D.D.B. De nombreux proverbes sont formulés de la même manière. Dans la capoeira, les chanteurs utilisent ces vers faits pour être faciles à retenir, soit en bloc dans le preceito, (ladainha ou chula), soit vers par vers dans les corridos. Ceci dit, les capoeiristes ne sont pas en général des lecteurs de dictionnaires, et tous ces termes de technique poétique doivent souvent être traduits par "tu vois ce que je veux dire"... index

Queixada -- Voir Cabeçada. index

Rabo-de-arraia -- queue de raie. Ce poisson frappe avec sa queue, quelquefois venimeuse, en la tournant, d'où par comparaison, le coup de capoeira. Dans la capoeira primitive, le rabo-de-arraia était donné avec la jambe fléchie. Je trouve que le nom de meia-lua-de-compasso (demi-lune en compas) convient mieux au coup donné avec la jambe tendue, la comparaison me paraît plus claire. Le cartilage de queue de raie a servi autrefois, comme l'os, à fabriquer des couteaux dont les blessures ne cicatrisent pas, et contre lesquels les sortilèges de corps fermé (corpo fechado) sont sans effet. index

Rasteira -- adjectif, signifie au ras du sol. C'est ainsi que dans la rasteira le pied de l'assaillant vient se loger contre celui de la victime, le faisant tomber. Autrefois, on distinguait dans la capoeira de Rio de Janeiro la rasteira de la tarrafa, celle-ci étant appliquée avec puissance, ce qui la rend moins élégante que la première. En arrivant au moment précis où l'adversaire est instable, la rasteira demande si peu de force qu'on se demande quelquefois comment la chute est arrivée (v. Mandingueiro). index

Resistência -- résistance. Esquive basse avec les deux pieds et une main au sol, l'autre bras protégeant la tête. Dans le Curso de capoeira regional de maître Bimba, l'esquive est représentée comme le coquerinho, mais avec une main fermement appuyée au sol. Pour d'autres, le corps est incliné en arrière, descendant au ras du sol. index

Roda -- roue, ronde. Edison Carneiro parle de roda pour la capoeira comme pour le samba dans les fêtes populaires dans son Negros Bantus de 1937. Dans le samba de péquenauds ou de rue, à l'ancienne, traditionnel, l'assistance chante et frappe dans les mains debout en cercle autour d'un, deux ou trois danseurs ou danseuses. La capoeira se jouait de la même façon. Personne ne s'asseyait par terre. Quand la ronde durait longtemps et que l'endroit s'y prêtait, par exemple près d'une petite boutique où l'on vend de tout, et notamment de la cachaça (tafia, alcool), on s'asseyait sur des tabourets ou des bancs, toujours attentif aux éventuels dangers. A cette époque, on disait plutôt "la capoeira de untel" que "la ronde de capoeira". Avec l'apparition des académies il est devenu plus nécessaire de distinguer l'entraînement du jeu, et le terme roda a pris de l'importance. La musique de capoeira reprend des paroles et des mélodies de chansons de ronde enfantine, mais je ne crois pas qu'il y ait un rapport. Au Brésil, le terme roda désigne aussi ce que nous appelons des cercles, par exemple roda literária, cercle littéraire. index

Rolê -- Déplacement en position accroupie, en tournant sur soi-même. Du français, rouler. L'origine est sûre, mais le cheminement est incertain, voir . index

São Bento -- Saint Benoît de Sicile, représenté comme un Nègre habillé en moine, d'après l'histoire de ce personnage. Peut-être parce que la grosse corde de sa robe représente assez bien un serpent, ce saint protège contre les morsures de serpent. Jogar São Bento est un synonyme de Jogar capoeira attesté au début du 20° siècle. Le rythme le plus courant pour le jeu de capoeira est le toque de São Bento. Il y a un rapport entre capoeira et serpents, voir cobra, mandinga. index

Tarrafa -- Voir Rasteira. index

Toque -- jeu, motif rythmique d'instrument de percussion. En Portugais, tocar, toucher, s'utilise comme autrefois en Français pour jouer d'un instrument de musique, de là toque. Des écrivains ont demandé aux maîtres de définir les toques de berimbau pour la capoeira; ils ont constaté une grande confusion. C'est que les mots n'ont pas besoin d'avoir une définition précise pour être compris; pour les toques de berimbau, c'est la même chose. Il suffit aux capoeiristes de sentir le genre de jeu que l'instrument demande, et aux musiciens de jouer un toque qu'on leur réclame. Certains ont voulu imposer une correspondance rigoureuse entre toques et jeu; l'un et l'autre sont trop libres pour que cette tentative ait pu réussir. Le terme toque désigne d'ailleurs indifféremment tous les motifs rythmiques, qu'ils soient joués par un ou par plusieurs instruments, qu'ils soient simples ou complexes. Beaucoup sont construits sur le "zuigui-ding-dong-dong" qu'on appelle souvent toque de São Bento. Les motifs complexes se jouent en alternant celui-ci avec une variante, ce qui crée une nouvelle base pour de nouvelles variations; dans les ensembles d'instruments, les toques se combinent. Dans d'autres cas, un motif plus compliqué qui revient assez souvent suffit à définir le toque. index

Vadear -- S'amuser, se distraire. index

Vadiação -- distraction, loisir; nom affectueusement donné à la capoeira par la génération dernièrement défunte. index

Viola -- violon. Dans la capoeira, désigne un berimbau à son aigu (s'oppose à gunga). Il existait autrefois un arc musical de petite taille, à corde frottée par un archer, appelé viola de Angola. Mais à Bahia, viola ou viola de arame (violon de fil de fer) désignent un instrument qui ressemble à une petite guitare, mais avec cinq cordes doubles. Waddey 1980/1981 témoigne de ce que les maîtres de capoeira Bimba et Cobrinha Verde jouaient l'un et l'autre de cet instrument pour le samba de viola. Dans cette occasion, les pandeiros se joignent à deux violas de taille et de sonorité différentes, mais assez aigües l'une et l'autre, ce qui explique que l'on puisse désigner par ce nom l'arc musical de la capoeira, quand son son est aigrelet. Le diminutif violinha désigne un instrument encore plus aigu. index


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Lucia Palmares & Pol Briand
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Tel. : (33) 1 4239 6436
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