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Emile Allain
Rio de Janeiro

 
Emile Allain
 
Rio de Janeiro:
 
quelques données sur la capitale et sur l'administration du Brésil
 
2ème ed., Frinzine & Cie. Paris -- Lachaud & Cia, Rio de Janeiro, 1886

Notre transcription respecte l'orthographe et les fins de ligne de l'édition originale.

Deuxième partie -- Rio de Janeiro actuel


Langue

[Portugais modifié par les apports indigènes et africains]


p. 140

Vocabulaire de quelques termes spéciaux


p. 143
Capoeira

[première acception : forêt de repousse]
   Dans une autre acception très connue à Rio-de-
Janeiro, le même terme désigne une classe de ban-
dits dont la police insuffisamment aidée par la loi,
n'a pas encore pu débarrasser la ville.
Nous ignorons, dans ce dernier sens, quelle est
son étymologie.
[troisième acception : sorte de perdrix]

Elections


p. 166

... Les élections municipales souvent ensan-


p. 167

glantées, présentaient, comme celles des députés,
les plus tristes scènes de désordres.
...


p. 267

Chapitre XXVIII. Police -- Capoeira -- Jury.


p. 270

...
Sous le nom de capoeiras (Voir le chapitre Lan-


p. 271

gue). -- Vocabulaire de quelques termes spéciaux),
on distingue une classe de malfaiteurs, dont l'exis-
tence, selon les expressions d'un chef de police, fait
tache à la civilisation d'une grande ville. Nous ne
savons quelle est son origine.

   Les capoeiras, presque tous gens de couleur, sont
organisés en maltas et en badernas, et se divisent
en deux ou plusieurs groupes rivaux.

   L'arme des capoeiras est le couteau, et souvent le
rasoir, dont ils se servent, soit dans leurs combats
entre eux, soit contre leurs ennemis ou ceux qui
sont désignés à leur vengeance. Il arrive parfois,
que leurs victimes sont des passants inoffenssifs
contre lesquels ils n'ont aucun motif d'animosité.
Sous le régime de suffrage à deux degrés, lorsque
des élections primaires étaient souillées par toutes
sortes de fraudes et de violences, les capoeiras
jouaient un rôle saillant. Plusieurs hommes poli-
tiques ne rougissent pas d'acheter leur concours.
Quoique le fait paraisse impossible, quelques uns de
ces bandits ont encore des protecteurs (1).

(1) Alguns dos quaes gozão protecção. Jornal do Commercio
du 21 août 1885. Il ne faudrait pas conclure de l'existence des
capoeiras et de l'organisation défectueuse de la police que la sécu-
rité personnelle est insuffisamment garantie à Rio-de-Janeiro. Il
y a peu de grandes villes, au contraire, dont les divers quartiers
et les environs soient aussi sûrs de jour comme de nuit. La po-
      [suite bas de page suivante]


p. 272

   Les capoeiras fréquentent tous les endroits de
grande réunion. On les voit surtout précéder les
processions, les cortèges de fête populaire, éxécu-
tant une gymnastique ou danse spéciale, nommée
également capoeira.

   La police les suit activement. L'énergie dé-
ployée par plusieurs de ses chefs les aurait certai-
nement détruits, si les réclamations incessantes de
ces magistrats, formulées dans leurs rapports an-
nuels, avaient obtenu du parlement une loi spé-
ciale contre la capoeiragem, c'est à dire l'exercice
reconnu de cette étrange profession. Les individus
arrêtés dans l'exercice de la capoeiragem ne sont
passibles que d'une légère peine de police, à l'expi-
ration de laquelle ils recommencent invariablement
le même genre de vie.

   La police correctionnelle comme nous l'avons déjà
dit n'existe pas au Brésil. Toutefois cette lacune
est en partie, quoique trop faiblement, compensée
par l'institution des termos de bem viver (engage-
ment de bonne conduite). On appelle de ce nom les
engagements que la police contraint de signer aux

 

pulation est de moeurs très douces et presque tous les crimes contre
les personnes sont dus à la vengeance ou à la jalousie. L'habi-
tant n'a donc rien à craindre s'il prend la précaution d'éviter les
attroupements, théâtre ordinaire des exploits des capoeiras.


p. 273

vagabonds ou malfaiteurs reconnus et pour la non-
exécution desquels (quebra de termo ) ils sont pas-
sibles d'un emprisonnement de quelques mois, sur la
sentence d'un juge. Le nombre des termos de bem
viver a été, pour l'année 1884, de 91, et 62 condamna-
tions ont été prononcées pendant la même période,
pour quebra de termos. Les étrangers figurent dans
ces chiffres pour près de la moitié, c'est à dire en plus
forte proportion que la population brésilienne.
Il existe, en effet, dans toutes les colonies étran-
gères, un certain nombre d'hommes qui ne sont
attirés au Brésil, comme il le sont du reste dans
les autres pays d'Amérique, que par la facilité que
l'indulgence des moeurs et l'imperfection de la loi
leur donnent de recourir à des expédients qui
seraient rigoureusement punis en Europe.


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