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A rasteira

A rasteira foi um símbolo de pericia dos capoeiristas. Exigia treino e manha, assim que relembra Lúcia Palmares.

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por Lúcia Palmares.

Ultimamente na capoeira no São Paulo e ainda mais na Europa, lamento a quase-disparição da rasteira.

A rasteira foi um símbolo de pericia dos capoeiristas. Era motivo de horas de treinamento na academia. Para conseguir o sucesso de colocar uma rasteira certeira, os capoeiristas trabalhavam o parceiro; existia o floreio, a ginga, as enganações que fazem parte da capoeira. Não devemos deixar sumir coisa tão importante da capoeira.

Lembro de um caso que demostra como considerada era a rasteira, no tempo ainda recente que eu treinava na academia de Mestre Nô. Um certo aluno, formado depois de anos de aprendizagem, considerou que, com a sua forma física e sua experiência, superava o seu mestre. Desafiou o mestre Nô num sábado a frente de todos os alunos e de diversas visitas. Nô foi para a roda, dizendo que se perdia, ia embora, deixando o aluno senhor da academia. Começou o jogo, num compasso médio, sem cantiga, e demorou bastante tempo. Havia muita tensão; quem tocava tocava, os demais permaneciam silenciosos. Havia momentos de superioridade de um sobre outro, e depois virava a vantagem. Nô cozinhou o aluno até dar uma rasteira fantástica que pegou nas duas pernas e mandou o aluno com as nádegas no chão. O aluno com raiva tentou partir para murros, mas os outros impediram. Ele, no final, ficou tão disgostoso que abandonou a capoeira. É um caso entre muitos que eu vi, que dá para comprovar a importância simbólica da rasteira na capoeira.

Quem não lembra do talento do mestre Canjiquinha, de Um-por-Um (da Massaranduba), de Marcos Alabama, na rasteira?

Nos batizados, a conclusão do jogo do novato era a derrubada com rasteira, excluindo outras formas de desequilibrantes. Hoje vemos capoeiras que se dizem excepcionais não conseguir dar uma rasteira nos alunos que se batizam. Vemos as intimidações dos capoeiras aos novatos, e golpes traumatizantes e balões efectuados sem técnica para derrubá-los.

É lamentável ver que a nova geração de capoeiras tem elementos que não se orgulham numa técnica, e ficam tão inseguros na sua arte, que não abrem o jogo (mesmo que fosse no intuito de derrubar) para principiantes de uns meses de treinamento. Quem está assistindo de longe, vê as oportunidades que eles tem de fazer. Eles não fazem, preferindo os movimentos violentos, para tristeza dos presentes, sejam eles alunos, parentes ou espectadores que conhecem a arte.

Parece, então, que a rasteira saiu do cardápio de muitos capoeiristas. Porque?

Será que novos métodos de treinamento excluiram a rasteira? Será que não faz parte da capoeira moderna? Será que a rasteira exige demais destes novos donos da capoeira? A rasteira pede muita conciência do outro. Assim que já notei, é preciso trabalhar, cozinhar bastante o oponente para que este se jogue num golpe decisivo... que acaba na própria derrubada. É o parecer de um mestre; mas precisa de cabeça, e de tempo. Os jogos que assistimos tem por objetivo principal de mostrar movimentos. Sejam agressivos ou acrobáticos, não importa, os movimentos superam na mente dos jogadores a tática, a pericia na arte de manobrar o outro.

Em geral, concordamos com os que acham, como mestre Decânio, que o compasso rápido demais e a vontade de se impor num "vale tudo" prejudicam o jogo da capoeira, tirando a ginga, a rasteira, tudo que faz a beleza da nossa arte.

Se, como suponho, a capoeira da Bahia tem alguma coisa para ensinar ao mundo, (em prática para os nossos alunos europeus), é justamente esta coisa original. Por isso, não podemos aceitar ver um elemento fundamental como a rasteira desprezado.

Por isso, desenvolvemos um trabalho básico com nossos alunos, sejam homens ou mulheres, fracos ou fortes, novos ou velhos, no sentido de uma capoeira que se importa com o outro, parceiro e adversário no mesmo tempo.

Lúcia Palmares
maio 1997.


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Le croc-en jambe (rasteira) dans la capoeira

La rasteira était un symbole d'habileté pour les capoeiristas. Il fallait de l'entraînement et de l'astuce, comme le rappelle Lúcia Palmares.

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par Lúcia Palmares.
Lire l'original portugais..

Dernièrement dans la capoeira que j'ai vue dans l'Etat de São Paulo et encore plus en Europe, je regrette la presque complète disparition de la rasteira (croc-en-jambe).

La rasteira a été longtemps un symbole de l'habileté des capoeiristes. C'était le but de nombreuses heures d'entraînement dans l'academie. Pour réussir à mettre une bonne rasteira , les capoeiristes travaillaient leur partenaire; il y avait le jeu orné (floreio ), la ginga, les negaças, tromperies et feintes qui font partie de la capoeira.

Une histoire, arrivée à Bahia dans les années 1970, dans l'académie de Mestre Nô où j'étais élève, montre quelle importance avait la rasteira. Un des élèves préférés de Nô, formé après quelques années d'apprentissage, considéra que, avec sa forme physique e son expérience, il dépasait son maître. Il le défia un samedi, devant tous les élèves et plusieurs visiteurs. Nô continua a préparer les berimbaus, en écoutant. Comme l'élève plaisantait souvent, il ne le prit pas tout de suite au sérieux, et lui demanda de répéter. L'autre lui dit, le ragardant dans les yeux -- C'est toi et moi, ici et aujourd'hui, maître. Nô laissa les berimbaus, retira sa ceinture de maître, la mit autour de l'atabaque (tambour), et dit que s'il perdait, l'élève partirait pour toujours; mais s'il avait l'avantage il pourrait reprendre l'académie. L'élève avait sur le maître l'avantage de la jeunesse, 23 ans contre les 35 de Nô, et il le dépassait d'une tête. Il possédait une ginga unique, qui le transformait dans la ronde.

Tout le monde se disposa pour la roda. Le jeu commença, tout de suite, sans ladainha, sur une musique de cadence moyenne, sans chant, et continua assez longtemps. Il y avait beaucoup de tension. Ceux qui jouaient des instruments, jouaient, les autres restaient silencieux.

Les attaques et les esquives se succédaient. L'objectif était certainement de jeter l'autre au sol. Il y avait des moments de supériorité de l'un sur l'autre, puis l'avantage changeait de camp. Nô cuisina l'élève jusqu'à lui donner une rasteira fantastique qui lui prit les deux jambes et l'envoya les fesses par terre. L'élève, en colère, essaya de se jeter sur lui à coups de poing, mais les autres l'en empêchèrent. Lui, à la fin, fut si dégoûté qu'il abandonna la capoeira.

C'est une histoire entre beaucoup de celles que j'ai vues, qui prouve l'importance symbolique de la rasteira dans la capoiera. Aucun bon capoeiriste de ce temps n'aurait voulu prendre une rasteira.

Qui ne se souvient du talent de maître Canjiquinha, de Um-por-Um (du quartier de Massaranduba à Salvador), de Marcos "Alabama", pour la rasteira?

Dans les baptèmes, la conclusion du jeu du débutant était la chute par rasteira, à l'exclusion de tout autre coup déséquilibrant.

Aujourd'hui, nous voyons des capoeiristes qui se disent exceptionnels qui ne parviennent pas à placer une rasteira sur les élèves aux baptèmes.

Nous voyons des capoeiristes pratiquer l'intimidation sur les nouveaux, et des coups traumatisants et des projections effectuées sans technique pour parvenir à les faire tomber.

C'est lamentable de voir que la nouvelle génération comprend des éléments qui ne sont pas fiers de leur technique. Ils ont si peu de confiance dans leur art qu'ils n'ouvrent pas leur jeu, même dans l'intention de faire tomber, pour des débutants avec seulement quelques mois d'entraînement. Ceux qui les regardent de loin voient les opportunités qui s'offrent à eux de donner la rasteira. Ils ne les prennent pas, préférant les mouvements violents, des chapas ou des martelos, ou des déséquilibrants où ils utilisent principalement leur poids, pour la tristesse de l'assistance, qu'ils soient élèves, parents ou spectateurs qui connaissent l'art de la capoeira.

Il semble donc que la rasteira ne soit plus au menu de la capoeira. Pourquoi?
Est-ce que les nouvelles méthodes d'enseignement excluent la rasteira? Est-ce que la rasteira ne fait pas partie de la capoeira moderne? Qu'elle exige trop de ces nouveaux propriétaires de la capoeira? La rasteira exige beaucoup de conscience de l'autre. Comme je l'ai déjà noté, il faut le travailler, le cuisiner suffisemment l'adversaire pour que celui-ci se jette dans un coup décisif... qui se termine dans sa propre chute. C'est le témoignage d'un maître, mais il faut de la tête, et du temps. Les jeux auxquels nous assistons ont pour objectif principal de montrer des mouvements. Qu'ils soient aggressifs ou acrobatiques, peu importe, les mouvements dépassent, dans la tête des joueurs de capoeira, la tactique, l'habileté dans l'art de manoeuvrer l'autre. En général, nous sommes d'accord avec ceux qui trouvent, comme Maître Decanio, que la cadence trop rapide et la volonté de s'imposer dans un jeu où tout vaut sont préjudiciables au jeu de capoeira, lui retirant la ginga, la rasteira, tout ce qui fait la beauté de notre art.

Si, comme nous le supposons, la capoeira de Bahia a une chose à enseigner au monde (en pratique, à nos élèves européens), c'est justement cette chose originale. Aussi nous ne pouvons pas accepter de voir mépriser un élément fondamental comme la rasteira.

Pour cela, nous développons un travail de base avec nos élèves, hommes ou femmes, faibles ou forts, jeunes ou vieux, pour une capoeira que s'occupe de l'autre, partenaire et adversaire en même temps.

Lúcia Palmares
mai 1997.


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